Faire circuler son énergie

Entretien paru en 2003 dans le magazine l’Express.

Le Tai chi chuan aussi a ses clichés. Lorsque l’on parle de cet art martial chinois aux profanes, l’image de groupes pratiquants d’amples mouvements circulaires avec une extrême lenteur dans les jardins publics vient immédiatement à l’esprit. « C’est un peu du folklore », s’amuse Bui Xuan Quang, 61 ans, professeur de l’école Bao I Dao. C’est dans les associations que l’on apprend le vrai Tai chi chuan. « Ce que l’on voit dans les parcs est de la gymnastique douce, c’est la même différence qu’entre le foot de rue et celui des clubs », insiste Yves Blanc, 67 ans, qui enseigne à 200 élèves l’art du Tai chi chuan. Cette pratique, créée il y a environ sept cents ans par le moine taoïste Chang San Feng, exige précision, technique, qualité physique et compréhension de chaque mouvement. « La douceur, très paradoxalement, n’est pas une fin, mais un moyen d’action », poursuit Yves Blanc, élève personnel de maître Chu King Hung, l’une des sommités de cet art interne (par opposition aux arts martiaux chinois dits externes, comme le kung-fu). « Il regroupe des techniques traditionnelles et énergétiques. Les enchaînements de mouvements (Tao Lu, comme les katas du karaté) sont effectués très lentement pour enlever toutes les raideurs et permettre à l’énergie de mieux circuler dans le corps », explique Anne-Marie Moustier, présidente de l’association Paris Jing Wu Hui. Ici, les cours sont dispensés en petit comité de 20 à 30 personnes. Après une séance, les pratiquants se sentent l’esprit léger, relaxés. Cette discipline procurerait, en effet, concentration, souplesse et coordination des mouvements. De nombreux arguments pour se laisser tenter par les figures imposées tel « la grue blanche qui déploie ses ailes » ou « le serpent darde sa langue »!

L’ART DU TAI CHI CHUAN

Source: magazine l’express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/faire-circuler-son-energie_497034.html#vhkCVMCqcWksyMtC.99

 

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